# Quel est le premier film de science-fiction ?

> Le premier film de science-fiction ? Le Voyage dans la Lune (1902) est la réponse classique, mais des films de 1895 à 1900 la discutent. Les candidats, et nos critères.

Publié le 30 octobre 2026 · Histoire du genre (https://www.cine-sf.com/histoire/)

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La Lanterne du Futur — Science-fiction au cinéma, des premiers trucages aux sagas d'aujourd'hui — https://www.cine-sf.com/

## En trois plans

- Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès, sorti en 1902, est le plus souvent cité comme le premier film de science-fiction, car il raconte un voyage spatial complet.
- Des films plus anciens ont des éléments du genre, comme La Charcuterie mécanique des Lumière en 1895 ou Gugusse et l'Automate de Méliès vers 1897, mais sous forme de gags.
- La réponse dépend de la définition retenue : une machine imaginaire suffit-elle, ou faut-il un récit qui extrapole la science et la technique ?

Le premier film de science-fiction est le plus souvent identifié comme *Le Voyage dans la Lune* de Georges Méliès, sorti en 1902 : c'est le premier film à raconter un voyage spatial de bout en bout, du départ au retour. Mais des films plus anciens, tournés dès 1895, mettent déjà en scène des machines imaginaires et des automates, si bien que la réponse dépend de la définition qu'on retient. Ce point d'histoire fait partie de la rubrique [Histoire du genre](/histoire/).

## La réponse classique : Le Voyage dans la Lune, 1902

Le film de Méliès coche presque toutes les cases. Un congrès de savants décide d'une expédition, on construit un obus, on le tire vers la Lune avec un canon géant, les voyageurs explorent un monde inconnu, rencontrent ses habitants et reviennent sur Terre. C'est un récit complet, organisé autour d'une prouesse technique imaginaire.

Méliès puise dans la littérature de son temps, Jules Verne et H. G. Wells en tête, sans adapter un livre précis. Il en tire un spectacle en une trentaine de tableaux, avec ses décors peints, sa troupe de music-hall et ses trucages : arrêts de caméra, surimpressions, maquettes. L'image de l'obus planté dans l'œil de la Lune est devenue l'un des emblèmes du cinéma tout entier.

Le film a aussi une histoire de copies mouvementée. Il circulait en noir et blanc et dans une version coloriée à la main ; une copie en couleurs, très abîmée, a été retrouvée à Barcelone en 1993 et restaurée par Lobster Films avec la Fondation Groupama Gan et la Fondation Technicolor, avant d'être présentée au Festival de Cannes en 2011. Sur ce point, la page consacrée à [Georges Méliès](/realisateurs/georges-melies/) donne le contexte de sa carrière.

## Les candidats plus anciens

Si l'on cherche un « premier » plus ancien, plusieurs titres reviennent.

En 1895, les frères Lumière tournent *La Charcuterie mécanique*. Une machine avale un cochon et rend des saucisses, puis le processus s'inverse. Le gag dure moins d'une minute. Il n'y a ni savant ni récit, mais il y a une machine impossible, et c'est déjà le motif de la technique qui transforme le vivant. La [fiche consacrée au film](/1895-1899/1895/la-charcuterie-mecanique/) en détaille le contexte.

Vers 1897, Méliès tourne *Gugusse et l'Automate*, où un clown mécanique se retourne contre celui qui le remonte. Longtemps perdu, le film a été retrouvé par la Bibliothèque du Congrès, qui l'a annoncé en février 2026. C'est l'un des premiers humanoïdes artificiels du cinéma. Il est étudié dans [notre dossier sur le robot au temps du muet](/tag/robot/).

D'autres courts métrages de la fin du siècle, en France et en Grande-Bretagne, jouent avec les rayons X, l'électricité ou des inventions farfelues. Beaucoup sont perdus ou mal datés. Leur point commun : un trucage autour d'une nouveauté scientifique, sans récit d'anticipation.

## Ce que l'on appelle science-fiction

Le débat sur le premier film est surtout un débat de définition. Le mot même de science-fiction n'apparaît qu'à la fin des années 1920, dans les magazines américains de Hugo Gernsback. En France, on parlait de merveilleux scientifique ou de roman d'anticipation.

Trois critères permettent d'y voir plus clair :

1. La présence d'une science ou d'une technique imaginaire, même farfelue.
2. Un récit qui en tire des conséquences, au lieu d'un simple effet visuel.
3. Une intention de spéculer sur l'avenir ou sur le possible, même sur le mode comique.

*La Charcuterie mécanique* remplit le premier critère. *Gugusse et l'Automate* aussi, avec un début de conflit. *Le Voyage dans la Lune* remplit les trois. C'est la raison pour laquelle il garde la première place dans la plupart des histoires du genre, et pourquoi la page [science-fiction, définition et frontières](/histoire/definition-science-fiction/) s'attarde sur la question des limites.

**Hors-champ : la chronologie des candidats**

- 1895 : *La Charcuterie mécanique*, frères Lumière, la machine impossible
- vers 1897 : *Gugusse et l'Automate*, Georges Méliès, l'automate rebelle
- 1902 : *Le Voyage dans la Lune*, Georges Méliès, le premier récit d'expédition spatiale
- 1907 : *Le Tunnel sous la Manche*, Georges Méliès, l'anticipation technique et politique
- 1910 : *A Trip to Mars*, Edison, le voyage vers Mars
- 1916 : *Homunculus*, Otto Rippert, l'homme artificiel tragique
- 1920 : *Algol*, Hans Werckmeister, la machine et le pouvoir

## Après 1902 : le genre prend forme

Le succès du *Voyage dans la Lune* ouvre la voie. Méliès lui-même enchaîne avec *Le Voyage à travers l'impossible* en 1904 et d'autres fantaisies, dont *Le Tunnel sous la Manche* en 1907, qui transpose l'anticipation sur le terrain de la politique. La [fiche de ce film](/1905-1909/1907/le-tunnel-sous-la-manche/) montre comment le genre sert déjà à commenter l'actualité.

Aux États-Unis, la société Edison produit *A Trip to Mars* en 1910, autour d'une poudre qui annule la pesanteur ; il est détaillé dans [sa fiche](/1910-1914/1910/a-trip-to-mars/). En Grande-Bretagne, *The Airship Destroyer* (1909) imagine la guerre aérienne. En Allemagne, le ton s'assombrit au milieu des années 1910 avec *Homunculus*, puis *Algol* en 1920.

## Les autres pionniers européens

Méliès n'est pas seul. Chez Pathé, son grand concurrent, Gaston Velle tourne *Voyage autour d'une étoile* en 1906, et l'Espagnol Segundo de Chomón signe en 1909 *Voyage sur Jupiter*, où un roi rêve d'une expédition vers la planète géante. Ces films reprennent la formule du voyage merveilleux, avec des trucages souvent plus fluides que ceux de la Star Film, et une mise en couleurs au pochoir qui fait la réputation de la maison.

La littérature fournit aussi ses sujets. En 1910, la société Edison produit une première adaptation de *Frankenstein*, d'après Mary Shelley, réalisée par J. Searle Dawley : la créature y naît dans une cuve, et non plus dans un laboratoire électrique. Jules Verne et H. G. Wells restent les deux grands réservoirs d'histoires.

Puis le genre s'allonge. Au Danemark, Holger-Madsen réalise *Himmelskibet* en 1918, l'un des premiers longs métrages consacrés à un voyage spatial, vers Mars. En Union soviétique, *Aelita* de Yakov Protazanov (1924) imagine une révolution martienne avec des décors constructivistes. En Allemagne, Fritz Lang tourne *Metropolis* (1927) puis *La Femme sur la Lune* (1929), dont on dit souvent qu'elle a popularisé le compte à rebours avant un lancement. À la fin des années 1920, le cinéma américain hérite de cette histoire européenne et la transforme à son tour.

Le cinéma de science-fiction n'est donc pas né d'un seul film. Il s'est formé en vingt-cinq ans, par couches successives : le gag mécanique, le voyage merveilleux, l'anticipation sociale, puis la créature tragique.

## Pourquoi la question revient sans cesse

On demande le premier film de science-fiction comme on demande le premier roman policier. La réponse rassure, elle donne un point de départ. Elle a aussi un intérêt pratique : commencer par *Le Voyage dans la Lune* reste une excellente façon d'entrer dans le genre, parce que tout ce qui suivra y est déjà en germe.

Le film est court, souvent projeté dans les cinémathèques et les festivals, et il supporte très bien d'être vu par un public qui n'a jamais regardé de film muet. Il permet ensuite de remonter vers les gags des Lumière, ou de descendre vers les grandes productions des années 1920.

## Ce qui reste après le générique

Si l'on doit retenir un seul titre, c'est *Le Voyage dans la Lune*, en 1902. Si l'on veut être précis, on dira que le cinéma de science-fiction commence avec des machines comiques en 1895, trouve son premier récit complet chez Méliès, puis gagne en gravité dans les années 1910.

Cette double réponse a un avantage : elle rappelle que le genre est né du spectacle et de l'illusion, bien avant de devenir une affaire de vaisseaux spatiaux et d'effets numériques.

## Questions de spectateurs

**Quel est le premier film de science-fiction de l'histoire ?**

La réponse la plus courante est Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès, sorti en 1902. Des films antérieurs contiennent des machines imaginaires ou des automates, mais ce sont des gags d'une minute, sans récit d'anticipation. Le film de Méliès est le premier à construire toute une histoire autour d'une expédition scientifique.

**Le Voyage dans la Lune est-il adapté de Jules Verne ?**

Il s'en inspire librement, comme de H. G. Wells, sans adapter un livre précis. On y retrouve le canon de De la Terre à la Lune et les habitants lunaires des Premiers Hommes dans la Lune. Méliès en tire une fantaisie très personnelle, plus proche du théâtre féerique que du roman.

**Quel est le premier film de science-fiction parlant ?**

La question se pose à partir de la fin des années 1920, avec l'arrivée du parlant. Les candidats souvent cités sont des films de 1929 à 1931, comme le film musical américain Just Imagine (1930). Les filmographies varient selon la définition du genre adoptée.

**Quel est le premier long métrage de science-fiction ?**

Il n'y a pas de réponse unanime, car la notion de long métrage s'installe progressivement dans les années 1910. Des feuilletons comme Homunculus (1916) ou des films comme Algol (1920) sont souvent cités, et Metropolis (1927) reste le premier grand long métrage de science-fiction connu du public.
